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Université Toulouse - Jean Jaurès


Rencontre avec Li Keyong, président de SISU

le 12 juin 2012

Découvrez le témoignage du président de l'Université des études internationales du Sichuan (SISU)et ancien doctorant en sciences du Langage de l'UTM

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A quelle occasion, êtes-vous arrivé à France ?
Je suis venu il y a 20 ans à Toulouse. J’étais un jeune enseignant à l’époque et je découvrais la France pour la première fois.
Je fais partie de ceux qui, après la chute de la bande des quatre, ont eu l’opportunité de passer le concours national d’entrée à l’université. Les universités chinoises venaient tout juste de rouvrir. C’est ainsi qu’en 1978, j’ai pu étudier durant quatre ans le français puis être recruté pour enseigner la langue française. Il faut dire qu’il y avait un énorme besoin d’enseignants à l’époque et une grande soif d’apprendre de la part des étudiants. Tout manquait !
Au bout de 10 ans d’études et d’enseignement, j’ai pu obtenir une bourse du Gouvernement français et j’ai choisi Toulouse qui est jumelée avec notre ville de Chongqing. Je n’avais surtout qu’une envie, rencontrer Paul Rivenc*, linguiste à l’Université du Mirail. C’est une personnalité reconnue internationalement et je souhaitais travailler à ses côtés.

Quels souvenirs gardez-vous de cette période d’étude à Toulouse ?
C’est le rêve de beaucoup de chinois d’étudier en France et je considère avoir eu beaucoup de chance de vivre ces deux années à Toulouse (de 1991 à 1993). Préparer mon DEA (le diplôme de l’époque) avec ce grand enseignant chercheur qu’est Paul Rivenc était incroyable ! Cette rencontre a été déterminante pour moi. De plus j’étais tellement curieux de la culture française que je m’étais inscrit à tous les cours possibles : l’art, le tourisme, l’hôtellerie, tout m’intéressait ! C’était une période foisonnante. J’ai rencontré d’autres enseignants tout aussi prestigieux, comme le professeur Michel Billières**. Depuis, je continue d’être en relation avec ces grandes personnalités françaises de l’enseignement et de la recherche. 

En quoi ce que vous avez vécu et étudié à l’Université du Mirail vous a servi dans votre parcours ?
En 1993, de retour dans mon pays, je n’avais qu’une envie : transmettre auprès des plus jeunes étudiants chinois ce que j’ai appris à l’Université du Mirail. J’aurais pu enseigner à des étudiants de 2ème cycle, par exemple, mais ma volonté était d’appliquer à ces jeunes ce que l’on m’avait inculqué à Toulouse.
Puis en 1998, je suis devenu directeur du département français et assistant du président de l’université de l’époque. En 2001, j’étais nommé vice-président et de 2003 à 2011 : président de cette même université. Depuis janvier 2011, j’ai été reconduit dans mes fonctions de président de mon établissement… qui m’avait ouvert ses portes, 20 ans plus tôt.   

Quels liens conservez-vous avec l’UTM ? Et quels sont vos rêves universitaires pour les années à venir ?
Nos liens restent toujours aussi forts, de part et d’autre, et je suis très fier d’avoir reçu les Palmes académiques françaises en 2003 qui concrétisent mon attachement à la France. Plus concrètement, une convention existe déjà entre l’université du Mirail et l’Université internationale du Sichuan et nous avons bien l’intention de renforcer ces liens de formation. Dès septembre, j’accueille 5 étudiants français dans mon établissement ; des étudiants chinois ainsi qu’un jeune professeur auront également l’opportunité de venir étudier à l’UTM. Quant à moi, je continue de rendre aux membres de l’université du Mirail ce qu’ils ont su me transmettre. Par exemple, aujourd’hui, c’est avec un grand plaisir que je suis venu en tant que jury de thèse.
Mon rêve serait de travailler « dans la plus grande profondeur » entre collègues français et chinois dans le domaine de la Recherche. Il y a encore tant à faire !  Par exemple, en tant que rédacteur en chef adjoint, j’ai produit avec mes collègues de l’université de Sichuan un grand dictionnaire français/chinois qui a nécessité 10 années de travail. J’aimerais que ce type de collaboration puisse se réaliser également avec la France.

Qu’aimez-vous de la France et que souhaitez-vous que les français apprécient de la Chine ?

Le café et le fromage ! C’est bien connu, les fromages ne sont pas du tout appréciés des chinois. Pour ma part, j’ai commencé doucement… par le gruyère ; à présent, je les aime tous, et jusqu’au roquefort !
Quant aux français, ils n’entendent parler que du développement économique de la Chine. J’aimerais que nos peuples se connaissent mieux, et que la grande culture chinoise soit mieux comprise. Je suis persuadé que nous avons beaucoup à apprendre de la réciprocité.
Propos recueillis par Marie-Claude Farcy, service Communication UTM
Crédit photo :©Eric Poirette

*Paul Rivenc est professeur émérite de linguistique, de sémiotique et de didactique des langues à l'université de Toulouse II-Le Mirail. Il a dirigé durant plusieurs années le département de Français Langues Etrangères (FLE). Avec Petar Guberina, il a créé la méthodologie structuro-globale audiovisuelle (SGAV) et est le cofondateur de l'association internationale SGAV.
**Michel Billières est enseignant en sciences du langage à l’université de Toulouse II-Le Mirail et est Chercheur au sein de l’Unité de Recherche Interdisciplinaire Octogone.


Type :
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