Aujourd'hui, ce mot résume le sentiment largement dominant dans notre université et autour d'elle.
ASSEZ de blocages, assez de chaînes, de cadenas, de chaises et de tables empilées. Elles étaient, elles sont prévues pour un autre usage, auquel il faut les rendre au plus vite.
ASSEZ de slogans simplistes et répétitifs, quand ils ne sont grossièrement mensongers. Assez du moulin à prière, avec ses litanies de formules toutes faites, aussi étrangères à l'expression de la réalité qu'au simple effort de réflexion.
ASSEZ d'occupation incontrôlée des locaux, trop souvent accompagnée de dégradations. Ici et là, certaines sont telles que nettoyage et remise en état prendront plusieurs jours, retardant d'autant la reprise des activités pédagogiques. Assez, pour tout dire, d'une situation de non droit.
ASSEZ de déclarations fausses et démagogiques, selon lesquelles, par exemple, « les profs sont dans le mouvement », ou « le personnel est en grève avec nous », alors que les collègues qui apportent un soutien inconditionnel au blocage représentent certainement moins de 5% du personnel. Quant aux « grévistes »... tout est dans les guillemets.
Il y en a ASSEZ de cette situation où nous sommes conduits à nous bloquer nous-mêmes, nous installant dans l'impuissance et dans l'humiliation. ASSEZ de cette situation où quelques collègues, principalement BIATOS, portent la lourde charge de la survie de l'institution. ASSEZ de cette situation où les enseignants sont en train de perdre ce qui fait le sens de leur métier : le contact avec leurs étudiants. ASSEZ de cette situation où le « mouvement » se perpétue dans l'immobilisme, alors même que les syndicats les plus représentatifs, notamment des enseignants-chercheurs, ont un diagnostic partagé : le blocage est devenu totalement contre-productif. ASSEZ d'une image de l'UTM qui ne cesse de se dégrader, malgré tous les efforts des personnels et de l'équipe de direction.
Nous affirmons, et nous demandons à l'équipe de direction de l'université d'affirmer que cet état de choses ne peut plus durer. La Ministre a donné des assurances et lâché du lest financier, la Présidence de notre université annonce des débats ouverts et une procédure adaptée sur les modalités d'application de la loi. Ce jour, des groupes d'étudiants ont commencé à débloquer brièvement certains locaux. Quant au mouvement, il s'essouffle : les AG tournent en rond et les manifs en ville rassemblent peu de monde, en dehors de lycéens.
Ce que nous demandons, c'est qu'il soit dit clairement qu'un point de non retour a été atteint. Une consultation démocratique, c'est-à-dire à bulletin secret sur présentation de la carte d'étudiant, doit avoir lieu dans les plus brefs délais. Ce ne serait pas faire pression sur les étudiants, mais les responsabiliser que de dire la vérité : si les activités pédagogiques n'ont pas repris la semaine prochaine, nous ne pourrons plus répondre de rien.
4 décembre, 22 h 30