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Université Toulouse - Jean Jaurès


Le projet UNITI : Un enjeu majeur pour l’UTM

Entretien avec Daniel Filâtre, président de l’Université de Toulouse II-Le Mirail

 Quels engagements sont pris aujourd’hui ?

Le projet IDEX Toulouse UNITI n’est pas dissociable de l’évolution du site universitaire toulousain. Nous avions deux options pour ce projet : écrire un projet autonome abritant l’excellence du site et gouverné par lui-même, bénéficiant des financements publics attribués IDEX et donc à l’écart des établissements – ou alors proposer un projet totalement intégré au sein de l’Université de Toulouse, dont tous seront bénéficiaires et qui permettra de tirer vers le haut les activités scientifiques et pédagogiques. L’université du Mirail a ardemment défendu la seconde option. En effet, un « lieu d’excellence » à côté des établissements d’enseignement supérieur et de recherche toulousains n’était pas envisageable pour nous. L’option 2, choisie au final, implique une évolution du PRES par une intégration plus forte des établissements fondateurs.

Les grands objectifs du projet ont été validés par les Conseils d’Administration de tous les établissements concernés. En ce qui concerne notre université, le CA a posé deux conditions : que la construction soit progressive et démocratique en s’appuyant sur l’adhésion de tous au projet déposé, et que toutes les procédures et futures instances soient validées par les conseils de tous les établissements. Notre CA n’a pas statué sur les modalités du projet.

Ainsi, les engagements pris aujourd’hui sont de deux ordres : nous avons donné notre accord sur les grandes orientations du projet qui se mettront en place en trois temps pour transformer la structure du site toulousain : une phase de dévolution avec transformation du PRES en Grand établissement c'est-à-dire un Établissement Public de Coopération Scientifique et Pédagogique dérogatoire ; une phase d’intégration ; une phase éventuelle aboutissant à la fusion. Dans cette transformation du PRES, l’IDEX est pleinement intégré et des compétences sont transférées. A partir du projet, les modalités précises de gouvernance, les futures instances, leurs rôles, leurs statuts, leurs compositions, les termes de la convention (ou Pacte) liant les établissements restent à travailler et à valider par les instances élues actuelles et surtout  à venir, à partir du mois de mai.

Tout cela suppose que le travail d’explicitation, de conviction et de délibération commence dès maintenant. La feuille de route donnée par le CA de notre université le 22 novembre 2011 est bien celle-ci – et elle donne le rythme de l’agenda politique des conseils de notre université pour toute l’année 2012.

Quelle marge de manœuvre avons-nous aujourd’hui ?


Dans les processus de décisions à venir, nous pouvons à tout moment refuser d’avancer plus en avant dans le projet. C’est une garantie, notre droit de véto existe – mais ce n’est pas ce qu’il faut espérer. Ce n’est pas le chemin que nous devons suivre. L’Université de Toulouse a obtenu l’IDEX. Ce n’était pas une tâche aisée. La plus grande partie du travail reste devant nous et ce sera sans doute difficile. Mais c’est enthousiasmant pour notre avenir.

Un projet a été élaboré : il dégage des points dont certains ont fait l’objet d’un accord unanime, d’autres de compromis, d’autres de désaccords. Il faut maintenant engager une réflexion politique et faire, si nécessaire, des nouvelles propositions. C’est pour cela que dès maintenant, des groupes de travail se réunissent pour préparer un congrès thématique qui aura lieu le 13 mars.

Ensuite, cette question sera évidemment au cœur de la campagne pour l’élection des nouveaux membres des conseils – dans notre université, mais aussi dans les autres établissements. Ce sont ces nouveaux élus qui, de mai à décembre 2012, auront à amender, proposer et au final valider la participation de l’Université de Toulouse II-Le Mirail à un projet IDEX nécessairement transformé. Il y a aujourd’hui deux paris, deux défis à relever : celui d’une participation engagée pour la démocratie, et celui d’une intégration réussie au sein de l’Université de Toulouse.

Certains objets du projet semblent mettre en cause la démocratie et l’autonomie de notre université. Je partage ces inquiétudes, mais il faut comprendre que dans l’élaboration du second projet IDEX deux écoles se sont fait jour pour faire de Toulouse un lieu universitaire de rang international, reconnu pour sa capacité à être un moteur du développement et de l’innovation dans le contexte d’une économie de la connaissance. Nous avons défendu un modèle dans lequel les instances universitaires doivent pleinement jouer leur rôle. Il faut un schéma de gouvernance qui concilie l’efficience indispensable pour un projet d’une telle ampleur et la démocratie universitaire, principe majeur de nos universités. Certaines options proposées dans la rédaction du texte UNITI ne sont pas compatibles avec cette double ambition. Il faudra donc continuer, chercher à convaincre et proposer les amendements essentiels.

Quant à l’autonomie de notre université : peut-elle être mise à mal par ce projet ? Risquons-nous de disparaître ? Construire les réponses à ces questions revient à construire une nouvelle politique de site. Je suis pour ma part confiant. La problématique ressemble à celle posée aux communes par l’intercommunalité : intégrer dans un territoire des fonctions partagées et développer des stratégies transversales pour piloter des nouveaux équipements. Ce sont bien les deux étapes majeures du projet IDEX : de la dévolution de certaines fonctions à l’intégration entière. Irons-nous plus loin, pour une fusion en 2018 ou 2020, en perdant notre autonomie institutionnelle et notre personnalité morale ? Je ne sais pas. Difficile d’y répondre aujourd’hui. Ce peut être la voie, à condition qu’à la fin de cette décennie, cela devienne évident… Ce sera à notre université d’y répondre et d’en décider avec nos partenaires.

Le « Pacte » mentionné dans le projet, c’est quoi ?

Plutôt que de parler de « Pacte », il conviendrait de parler de la constitution qui devra lier nos établissements, tous les établissements du site. En effet, tant qu’il s’agit de coopération, ce n’est pas nécessaire. En revanche, si chaque partenaire dévolue des compétences ou entend développer les ambitions des initiatives d’excellence, alors il convient de définir tout ceci clairement : ce qui nous lie, quels sont les engagements de chacun, que faire si l’un d’entre nous ne les respecte pas…

Cette constitution est à écrire : en ce qui concerne le financement, le personnel, les diplômes… tout reste à faire. Un beau challenge.

Doit-on aujourd’hui tout mettre en œuvre ce qui est écrit dans le projet ? Nous n’avons pas validé, parfois même pas discuté tout ce qui y est écrit. Un projet tel que celui-ci est forcément vivant. Le défi est à relever aujourd’hui : rendons ce projet plus fort, faisons-le nôtre!

Êtes-vous confiant en notre capacité de tirer le meilleur parti de ce projet ?

Je suis confiant en la capacité de notre université à exister sur la place toulousaine, et au niveau national et international. À condition d’être force de proposition, de ne pas seulement être en attente de ce que proposent les autres pour poser un véto quand cela ne nous convient pas… à condition de nous saisir de ce projet. Oui, je crois que nous pouvons en faire un projet à la hauteur de nos ambitions, de notre identité, de notre histoire.

Depuis le début, l’Université de Toulouse II- Le Mirail croit à la politique de site. Le projet « UNITI » doit être l’occasion de continuer à développer notre position d’excellence sur le site mais aussi à renforcer la transdisciplinarité et les échanges entre les divers établissements ou leurs composantes. A cette occasion, l’Université de Toulouse II-Le Mirail doit continuer à porter ses engagements. C’est pourquoi elle doit revendiquer un projet dynamique, rassembleur et partagé, assurant à chacun le développement de ses activités, respectueux des instances, délibérément inscrit dans nos missions de service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.
 

Dates :
Créé le 8 février 2012

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