Accès direct au contenu

Recherche avancée

Université Toulouse - Jean Jaurès


Recherche

Le Maghreb antique : enjeux identitaires et patrimoniaux contemporains

du 16 novembre 2017 au 17 novembre 2017

Colloque international organisé par le laboratoire PLH

Maghreb.jpg

Maghreb.jpg

Que faire de l’Antiquité du Maghreb ? Comment l’a-t-on perçue au fil du temps et quelle place peut-elle avoir dans les (re)constructions identitaires à l’œuvre aujourd’hui ?

La réception de l’Antiquité maghrébine commence dès l’Antiquité-même, avec les perceptions que pouvaient avoir de leur propre passé régional des Africains comme Apulée ou saint Augustin, dont l’identité et la culture étaient largement l’effet de la conquête romaine. A partir du Moyen-Age, ce passé antique du Maghreb s’estompe sur place, jusqu’à s’effacer chez les intellectuels arabo-musulmans. Inversement, au nord de la Méditerranée, la tradition religieuse et celle de la Renaissance maintiennent une mémoire suffisamment vive des guerres puniques, du combat contre Jugurtha ou de l’Afrique chrétienne pour conditionner le regard que les premiers acteurs de la conquête coloniale porteront sur les lieux et les hommes du Maghreb. 

On sait que cette disparité mémorielle entre nord et sud aboutit à faire de l’antiquité maghrébine un marqueur identitaire et religieux particulièrement fort durant l’époque coloniale, où elle sert à légitimer la présence de la France héritière de Rome et la volonté du cardinal Lavigerie de ressusciter la Carthage chrétienne.

Dès lors, après les indépendances, comment se réapproprier ce passé antique idéologiquement si chargé ? Comment l’articuler avec le discours et le roman national ? Les différents pays du Maghreb trouvent chacun sa propre formule : en Tunisie une antiquité riche en apports divers qui tous ont contribué à forger une identité nationale méditerranéenne et ouverte ; en Algérie une antiquité déjà marquée par la lutte, toujours recommencée jusqu’à l’époque contemporaine, des héros de la liberté pour défendre un Etat national sans cesse menacé au cours du temps.
Et depuis les « Révolutions arabes », compte tenu des redéfinitions idéologiques et identitaires qui se confrontent dans le Maghreb actuel, quels sont les nouveaux enjeux liés à ce passé antique ? Quelle histoire en écrire et pour qui ? Dans quelle mesure ses vestiges, sites et monuments, peuvent-ils faire sens et donc patrimoine ? Un des nombreux patrimoines actuellement en crise pour des raisons tant économiques que politiques ou culturelles.

Si dans ce vaste champ de recherches certains domaines, comme l’époque coloniale ont déjà été bien étudiés, d’autres, et en particulière l’époque qui suit les indépendances ainsi que le présent immédiat, restent encore largement à explorer et recèlent des enjeux particulièrement importants.
 

Contact :
Jacques Alexandropoulos

Je recherche une actualité

Je recherche une actualité