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Université Toulouse - Jean Jaurès


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Les Femmes de l’aristocratie et le mécénat de l’opéra italien à Londres dans la première moitié du XVIIIe siècle

le 23 mars 2017
12h45 - 13h45

Séminaire annuel des Jeudis du Genre organisé par le laboratoire CAS

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Par Xavier Cervantes, membre du laboratoire CAS

 Le postulat des sphères séparées, tel qu’il a été appliqué aux études dix-huitiémistes, a longtemps constitué un cadre épistémologique général aux recherches sur le genre et sur la condition féminine en particulier. Cependant, il est de plus en plus souvent remis en question. Des études récentes tendent à montrer qu'il importe de se garder de toute simplification et de toute schématisation, tant l'expérience de vie des femmes anglaises au XVIIIème siècle est variée, complexe et parfois ambiguë. En effet, ces publications prouvent l'implication, par transgression délibérée ou plus en douceur, de certaines femmes dans la sphère publique habermassienne, qu'elle soit politique, littéraire ou même associative. Les recherches sur la présence des femmes dans une sphère publique élargie ont ainsi grandement contribué à conférer davantage de fluidité et de flexibilité au modèle des sphères séparées, en démontrant que la perception que ces femmes avaient d'elles-mêmes et de leurs activités contredisait partiellement la rhétorique contemporaine de l'enfermement féminin dans la sphère domestique et familiale. La prolifération des lieux de sociabilité urbains associés à la culture de la politesse (politeness) permettait en fait aux femmes de l’élite sociale, et de l’aristocratie, en particulier, d'étendre leurs horizons bien au-delà du cadre étroit de leur demeure et de prendre pied dans la sphère publique culturelle, à savoir celle, en particulier, de ces lieux de sociabilité qu’étaient les théâtres et l'opéra italien. Il semble que le rôle des femmes de l’élite dans le mécénat de l'opéra italien et, plus généralement, les rapports riches et ambivalents de ces femmes avec cette forme d’art témoignent de façon particulièrement éloquente de la complexité et de l’ambivalence du statut des femmes vis-à-vis de la sphère publique culturelle de la capitale britannique à cette époque. 

 

Contact :
Lieu(x) :
UT2J - Maison de la Recherche - Salle F337

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