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Université Toulouse - Jean Jaurès


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Amours et Sexualités

du 22 mai 2017 au 23 mai 2017

Colloque organisé par le laboratoire LCPI

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On peut lire dans le développement même de la pensée de Sigmund Freud le passage d’une forme d’amour à l’autre, cette dynamique de pensée amenant à saisir l’évolution du statut de l’amour de transfert, présenté d’abord comme résistance, puis comme moteur, et pour finir marqué par les perplexités de l’analyse sans fin.
Au départ et jusqu'en 1915, l'amour est celui lié à l'objet primaire : indéfectible et relevant exclusivement de l’excitation qu'il produit et des investissements de la pulsion sexuelle. L'introduction du narcissisme (1914) détermine des impasses liées au monisme pulsionnel, notamment quant aux formes d'amour porteuses de mort. Ainsi le masochisme et le dualisme inhérent à la pulsion de mort marquent-ils un tournant pour les considérations freudiennes de l'amour qui, au-delà de la simple dialectique amour-haine, deviennent témoins à la fois du travail du négatif et d'une considération différente de l'objet devenant « agent actif d'intentionnalité et de désir » pour le sujet. La reconnaissance des effets de l’Autre, sujet désirant, ouvre la voie de la passivité aboutissant aux variations énigmatiques de la sexualité féminine.

Sa conception amphibologique de l'amour, S. Freud la propose pour introduire le narcissisme : « La forme la plus développée dont la libido d'objet est capable est celle où le sujet semble céder toute sa personnalité en faveur de l'objet ». La surestimation sexuelle de l'objet restera toujours primordiale, interrogeant le traitement de la perte et la possibilité de renoncement ou du deuil, ouvrant en cela aux développements du travail de la mélancolie et de ses impasses.

Si le noyau de l’amour demeure pour S. Freud celui de « l'amour sexuel », dont le but tend à la réalisation de « l'union sexuelle », ses écrits nous invitent aussi à penser les formes pathologiques et désintriquées de l'amour qui « dans certains cas invitent à l'union sexuelle, tandis que dans d'autres, elles détournent de ce but ou en empêchent la réalisation... » (Psychologie collective et analyse du moi, 1921).

Est-ce ainsi qu'il faut entendre les conduites actuelles prises dans les affres du socius, qui nous rappellent sans cesse que amour et sexualité se marient mal, pas tout à fait, voire pas du tout ? Les passions amoureuses, la sauvagerie et le totalitarisme des investissements peuvent isoler de la sexualité. L'un peut recouvrir l’autre, le masquer dans ses buts, s’en déjouer, voire le dénier. Que penser alors, par exemple, des « néosexualités » inscrites dans le temps du « fast love et du fast sex » et de ce qu’elles ne veulent rien savoir l’une de l’autre ? Comment retrouver dans les méandres
et les intrications des diverses formes amoureuses sa nature sexuelle ? Comment penser et entendre en deça des conduites sexuelles dévoilées, les formes d'amour à l'oeuvre ?

Impossible donc de parler de ces objets fondamentaux de la psychanalyse que sont amour - Eros, Philia ou Agapé - et sexualité sans s’en référer à la pluralité de leurs liens.


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