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Université Toulouse - Jean Jaurès


"Micro-récits" de l'Antiquité et écriture de l'histoire à la Renaissance

du 13 mars 2013 au 14 mars 2013

Colloque international du Laboratoire PLH-ERASME

À travers la notion de « micro récits », il s’agit de mesurer la part qu’ont pu prendre la lecture et l’imitation des historiens de l’Antiquité à l’élaboration d’une nouvelle manière d’écrire et de penser l’histoire au XVIe siècle.
Si des études, déjà quelque peu anciennes, ont pu montrer, une crise de l’exemplarité au XVIe siècle, impliquant une relecture des textes hérités de l’Antiquité , l’accent n’a sans doute pas suffisamment été mis sur la manière dont ces textes participaient à l’atomisation de l’histoire et à l’émergence du fait divers qui s’opèrent au XVIe siècle . Les études en la matière  tendent à se concentrer sur l’écriture par les humanistes des temps présents et délaissent quelque peu le rôle joué dans ce processus par les modèles antiques ou la nouvelle manière de les lire qui en résulte. La notion de « micro récit » pourrait permettre de pallier ce manque en invitant à une réflexion d’ordre tout à la fois poétique et philosophique.
Dans cette perspective, on envisagera d’abord le préfixe « micro » en termes formels : le « micro récit » sera alors considéré comme une séquence narrative brève pris dans un ensemble plus vaste auquel elle est arrachée pour être intégrée dans un autre texte. Ce phénomène de transplantation conduira à s’interroger sur les conditions de possibilité de cette extraction, sur les modalités d’insertion dans le texte second, sur l’assimilation de cette « pièce rapportée » ou au contraire sur le maintien de son hétérogénéité. On privilégiera les phénomènes de discontinuité, de digression, tout ce qui constituera ces micro récits en « zones troubles  » rompant le fil d’une histoire téléologique. La narrativité saisie dans sa brièveté sera dès lors envisagée comme un élément moins de cohérence que de démantèlement, ce qui pourrait permettre de penser la place faite à la contingence, au hasard dans l’écriture de l’histoire.
Par ailleurs, le préfixe « micro » pourra être pensé en relation avec le « contenu » des récits. On se rapprochera alors des notions, non théorisées au XVIe siècle, d’anecdote et de fait divers. L’étude en ces termes de la réception de l’Antiquité pourra être mise en relation avec les concepts de « micro histoire » et d’ « exceptionnel normal » développés notamment par Carlo Ginzburg . On sera dès lors conduit à se demander en quels termes les humanistes pouvaient penser la notion moderne d’événement, comment ils articulent, en se démarquant peut-être des Anciens, le public et le privé, quelle place ils accordent à ce qui pourrait sembler n’être que des accidents.
La réflexion portant sur l’écriture de l’histoire, le corpus sur lequel s’appuieront les études sera constitué des historiens de la Renaissance auxquels on pourra adjoindre les cosmographes.

Responsables scientifiques :
Olivier Guerrier
Pascal Payen
Bérangère Basset

Type :
Colloque - Séminaire
Contact :
Philippe Marengo
Lieu(x) :
Université Toulouse II le Mirail - Maison de la Recherche

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