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Université Toulouse - Jean Jaurès


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Les préférences faciales étudiées de près par un groupe de chercheurs européens, coordonné par Gwenaël Kaminski, enseignant-chercheur au laboratoire CLLE

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Visible au premier coup d’œil, un visage communique des informations perceptibles par les autres, ils peuvent déduire par exemple des traits de personnalité ou un état émotionnel.
Mais qu’est-ce qui fait que l’on peut préférer un visage à un autre ?

C’est la question que s’est posé un groupe de chercheurs européens, coordonné par Gwenaël Kaminski, enseignant-chercheur en psychologie cognitive au laboratoire CLLE et membre de l’IUF.
Les résultats de leur étude viennent d’être publiés dans la revue Scientific Reports.

Le développement des préférences sexuelles chez l’homme est un processus complexe, qui dépend à la fois de facteurs génétiques et environnementaux, mais aussi de l’expérience individuelle. C’est sur l’effet de cette expérience que les chercheurs apportent un regard neuf. 
Pour comprendre les préférences faciales féminines chez les hommes, ils ont en effet étudié l’effet interactif que peut avoir la structure familiale (âge, sexe et nombre d’enfants de mêmes parents) et du statut de condition parentale de l’individu. En partant de l’hypothèse selon laquelle la préférence pour les visages féminins, chez un homme, serait influencée par âge et le sexe de ses frères et sœurs et par sa propre paternité. Pour l’heure, il n’existait que très peu d’études centrées sur les hommes et aucune ne prenait en compte leur condition parentale.

Pour mener à bien le projet, 2517 hommes hétérosexuels de 25 pays âgés de 26 ans en moyenne, avec 2 ou moins de frères et sœurs, ont été interrogés en ligne. On a soumis à chacun d’eux 20 paires de visages de femmes (chaque paire représentant une version masculinisée et une version féminisée du même visage). En parallèle, différentes informations personnelles relatives au statut parental ou à la composition de la fratrie (nombre, sexe et âge des frères/sœurs) ont été recueillies pour chaque participant.

Avec l’étude de la structure familiale, il ressort que lors de la phase sensible de développement qu’est l’enfance, un individu acquiert des critères de perception, positifs comme négatifs, à l’égard de son entourage féminin (constitué ou non de sœurs). Ces mêmes critères influenceront la perception qu’il aura, à l'âge adulte, des visages de femmes. Exposés donc habitués aux visages féminins très tôt, les hommes interrogés, ayant des sœurs, sont moins réceptifs à la féminité faciale une fois adulte que les hommes avec des frères ou enfant unique. 

Du coté de la notion de condition familiale, de précédentes études montrent que la paternité est à associer à une baisse de la sécrétion de testostérone, que l’on peut lier à une diminution de l’attraction pour des signes de féminité. Parmi les interrogés, les hommes, enfants uniques, devenus pères sont moins sensibles aux visages féminins.

De plus, il convient aussi de faire interagir le statut de structure familiale avec la paternité. On constate alors que l’âge de la sœur au moment de la paternité joue également un rôle dans les préférences : la paternité augmente les préférences pour les visages féminins, uniquement chez les hommes ayant une petite sœur. Enfin, parmi les hommes ayant des petites sœurs, plus la différence d’âge avec elles est importante, plus la préférence pour les visages féminins augmente chez les hommes devenus pères alors qu’elle tend à diminuer pour les hommes sans enfant.

Cette étude démontre que la préférence des hommes pour les visages féminins est influencée par des expériences individuelles (structure de la fratrie, paternité), acquises pendant différentes phases de la vie. Ces recherches peuvent être poursuivies avec l’analyse d’autres mécanismes pouvant entrer en jeu ou encore avec une étude longitudinale portée sur la condition parentale.


Référence : Marcinkowska, U. M. et al. Imprinting and flexibility in human face cognition. Sci. Rep. 6, 33545; doi: 10.1038/srep33545 (2016).


 


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