Emmanuelle Pérez-Tisserant (FRAMESPA) lauréate du David Thelen Award !

Publié le 5 avril 2022 Mis à jour le 5 avril 2022
du 1 avril 2022 au 9 mai 2022

Une récompense décernée par l’Organization of American Historians (OAH)

Toutes nos félicitations !

Derrière ce succès, se cachent des années de travail, une énergie débordante de passion, et une curiosité insatiable pour le monde et son histoire… 


 

Crédit photo : Céline Gaille


Le prix David Thelen de l’OAH : what else



L'Organisation des Historiens Américains promeut le libre accès aux ressources historiques et à l'érudition, l'exposition et la préservation d'artefacts, la discussion de questions historiques et la diffusion des connaissances. 

Elle soutient ardemment le traitement respectueux et équitable de tous les praticiens de l'histoire, notamment par ce prix David Thelen qui récompense, tous les deux ans, un article portant sur l’histoire américaine, mais rédigé et publié dans une autre langue que l’anglais. Cette distinction favorise ainsi le partage des savoirs en franchissant les barrières linguistiques : à la clef, l’article primé est traduit en anglais et publié par l’OAH dans le Journal of American History.  

Parmi les nombreux articles d’historien.ne.s publiés ces deux dernières années dans une autre langue que l’anglais sur l’histoire américaine, c’est le travail d’Emmanuelle Perez-Tisserant qui a retenu l’attention Outre-Atlantique cette année. Il s’agit de son article « Les révoltes en Californie mexicaine : entre résistance à l’État et intégration du républicanisme fédéral (1821-1832) »,publié en 2019, dans la Revue d’Histoire moderne et contemporaine. 
 
« Je suis ravie de gagner ce nouveau lectorat anglophone ! Les spécialistes étatsuniens sont directement concernés par mes travaux sur l’histoire de la Californie : cela permet de discuter ensemble de leur histoire et d’apporter un éclairage différent, qui n’est pas parti prenant du roman national. D’autant plus que le passé mexicain de la Californie (acquis en 1848 par les Etats-Unis) a été plutôt mis de côté par les historiens américains : ce prix montre bien que désormais un article qui porte sur la Californie mexicaine est considéré comme appartenant pleinement à l'histoire étatsunienne. »
 

Un article d’excellence : un largo camino !



Si en 1997, c’est son directeur de thèse, François Weil qui recevait le David Thelen Award, Emmanuelle Perez-Tisserant s’amuse de cette « filiation », puisque l’article publié en 2019 est une prolongation directe de ses travaux de thèse, soutenue en 2014. Sa recherche sur la Californie mexicaine est donc un travail de longue haleine.
 
« C’est sans doute l’article qui représente le plus tout ce que je sais faire en tant qu’historienne. Au cours de ma thèse, j’ai pu consulter les archives mexicaines et etatsuniennes grâce à une bourse de mobilité. Cette récolte de données est le point de départ de cet article où j’interroge ce qu’est l’identité nationale, comment elle se construit et s’organise en temps de bouleversements politiques. Si je prends le cas du territoire californien dans une seule décennie du XIXe siècle, je crois que le fond de ma recherche dépasse ces frontières… »

C’est pourquoi elle a décidé, sur les conseils d’une amie chercheuse, de candidater avec cet article au David Thelen Award en avril 2021. Si elle souligne avec regret qu’encore trop peu de femmes osent faire la démarche, Emmanuelle Perez-Tisserant montre aujourd’hui que c’est possible d’être une chercheuse internationale :
 
« Je suis trilingue français, anglais et espagnol. Mais je ne peux pas traduire tous mes articles, et ne le veux pas non plus. La langue de rédaction influence ma réflexion : quand j’écris en français sur l’histoire étatsunienne, je ne suis pas tentée par l’imitation du modèle d’écriture historique américaine. C’est aussi ce qui fait la diversité de la recherche ! »

Retrouvez ici le portrait de cette histoire curieuse du monde et ouverte aux autres !