Jon Peña Ramos, lauréat d’une bourse postdoctorale du gouvernement basque, rejoint le laboratoire CEIIBA pour 2 ans

Publié le 10 avril 2026 Mis à jour le 10 avril 2026

Aux origines du pouvoir : un parcours de recherche sur les élites espagnoles

Jon Peña Ramos a obtenu en 2024 un doctorat en histoire moderne à l’Université du Pays Basque (UPV/EHU, Vitoria). Sous la direction du professeur José María Imízcoz Beunza, ses travaux de thèse ont porté sur la politique matrimoniale des élites dirigeantes espagnoles sous le règne de Charles III. Cette recherche lui a permis de mettre en lumière les mécanismes de constitution et de structuration du tissu social de la classe politique bourbonienne.

Son parcours scientifique se distingue également par une ouverture internationale, avec des séjours de recherche à l’Université Bordeaux Montaigne et à l’Université Complutense de Madrid. Il a pris part à de nombreuses manifestations scientifiques et a déjà publié plusieurs articles et chapitres d’ouvrage. En 2025, il a en outre bénéficié d’une bourse dédiée à la valorisation de fonds d’archives de l’Archivo Histórico de Euskadi (Bilbao), dans le cadre d’un projet consacré au politicien et militaire carliste José María Orbe Elio, IIIe marquis de Valde-Espina.
Un projet postdoctoral au croisement de l’histoire sociale et des humanités numériques
Lauréat d’une bourse postdoctorale du gouvernement basque, Jon Peña Ramos développe actuellement un projet de recherche d’une durée de cinq ans, dont les deux premières années se déroulent à l’étranger. Ce projet s’intéresse à l’évolution des relations conjugales à travers l’étude de correspondances privées, dans le contexte de la crise de l’Ancien Régime.

En mobilisant les échanges épistolaires comme source principale, il propose d’analyser les liens affectifs, les tensions familiales et les stratégies matrimoniales à une période marquée par de profonds bouleversements politiques, sociaux et culturels. Guerres, migrations internes, exils politiques, militarisation des territoires et transformations idéologiques constituent autant de facteurs ayant reconfiguré les équilibres familiaux et les relations conjugales.

Dans cette perspective, la correspondance entre époux apparaît comme un observatoire privilégié des émotions, des attentes et des ajustements qui structurent la vie privée en temps d’incertitude. L’ambition du projet est ainsi de contribuer à une meilleure compréhension des transformations sociétales à l’œuvre à la fin de l’Ancien Régime, à partir d’une approche fine des expériences individuelles.
Une intégration au CEIIBA au cœur de dynamiques collectives de recherche
C’est dans ce cadre que Jon Peña Ramos rejoint, pour la période février 2026 – février 2028, le Centre d’Études Ibériques et Ibéro-Américaines (CEIIBA) de l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Il y intègre un pôle de recherche placé sous la responsabilité de Cécile Mary Trojani, consacré notamment à l’étude des correspondances familiales privées dans l’Espagne des XVIIIe et XIXe siècles, avec une attention particulière portée au Pays basque et au nord de la péninsule.

Ses travaux s’inscrivent en étroite résonance avec les projets collectifs menés au sein du centre, en particulier le projet ZavalDiCor (Corpus Digital de Correspondencias de la familia Zavala). Inscrit dans une démarche d’humanités numériques, ce projet est membre depuis 2024 du réseau international CHARTA (Corpus Hispánico y Americano en la Red: Textos Antiguos), fondé par l’Université d’Alcalá.

Grâce à cette participation, l’Université Toulouse – Jean Jaurès est aujourd’hui la seule institution française représentée dans ce réseau scientifique de premier plan, qui fédère 23 centres de recherche répartis dans neuf pays en Europe, en Amérique et en Asie. L’accueil de Jon Peña Ramos vient ainsi renforcer les dynamiques de collaboration internationale du CEIIBA et contribuer au développement de recherches innovantes à l’interface de l’histoire sociale et des humanités numériques.