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Prix de thèse 2025 de la Maison des Sciences Humaines et Sociales de Toulouse
Publié le 18 février 2026 – Mis à jour le 19 février 2026
Des travaux bien différents mais l’interdisciplinarité pour point commun entre les travaux de Louise de Palaminy (docteure en archéométrie) et de Luigi Storto (docteur en cinéma).
La MSHS-T décerne chaque année un prix de thèse visant à distinguer des travaux de recherche interdisciplinaires remarquables ayant au moins une discipline du domaine des sciences humaines et sociales au cœur du travail.
Le conseil scientifique international de la MSHS-T récompense ex æquo les travaux de recherche de 2 candidats.
Parmi les quinze candidatures reçues, leurs thèses se sont distinguées pour leurs qualités intrinsèques ainsi que pour leur caractère interdisciplinaire.
Les lauréats sont :
Louise de Palaminy : Ma thèse vise à mieux comprendre l’approvisionnement en or utilisé pour la frappe des dinars islamiques au Maghreb médiéval, en développant de nouvelles approches analytiques en géochimie isotopique. L’absence de vestiges archéologiques de mines d’or anciennes en Afrique de l’Ouest conduit à interroger directement ces monnaies d’or. En combinant les isotopes du plomb, du fer et du cuivre avec des analyses multi-élémentaires, il s’est agi d’évaluer la capacité de ces signatures chimiques à tester l’hypothèse d’un approvisionnement issu de gisements ouest-africains. Les isotopes du plomb permettent d’estimer un âge géologique de la minéralisation, tandis que ceux du fer et du cuivre renseignent sur le type de gisement. Les résultats de l'étude du trésor monétaire de Césarée apportent de nouveaux éléments pour réfléchir à la chaîne opératoire de l’or et aux échanges transsahariens médiévaux, sans prétendre clore le débat. De plus, ce travail a conduit au développement de protocoles de géochimie isotopique, notamment par ablation laser, afin de relever le défi de l’analyse non destructive d’objets patrimoniaux précieux.
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Luigi Storto : Le choix d’aborder les formes filmiques dites hybrides vise à la confrontation avec une étape socio-culturelle où l’hypermédiatisation nous rend de plus en plus exposés aux glissements sémantiques dont les images constituent aujourd’hui des preuves tangibles des métamorphoses marquant la contemporanéité, un phénomène qui ne peut pas se réduire à la dimension du simple entertainment. À travers cette recherche je voulais interroger les nouveaux pactes de négociation sociale à l’ère où la saturation visuelle nous impose une quête attentive à l’égard du rôle des images dans la redéfinition du « vrai » et du « faux ». Le documentaire qui abandonne son statut indiciel en assumant la posture, les modalités expressives et parfois productives du cinéma dominant est un symptôme clair des mutations survenues entre les deux millénaires, à la lumière d’un contexte médiatique dont le taux de fictivisation demande une sorte de « conscientisation », à la fois de la part des producteurs et des consommateurs d’images.
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Le Prix de thèse 2025 sera décerné par la MSHS-T à Louise de Palaminy et Luigi Storto lors d'une cérémonie suivie d'une table ronde interdisciplinarité, le 24 février 2026, à 14h, à la Maison de la recherche de l'UT2J (Salle F422-423).
Plus d'infos.
Le conseil scientifique international de la MSHS-T récompense ex æquo les travaux de recherche de 2 candidats.
Parmi les quinze candidatures reçues, leurs thèses se sont distinguées pour leurs qualités intrinsèques ainsi que pour leur caractère interdisciplinaire.
Les lauréats sont :
- Louise de Palaminy, docteure en archéométrie, assistante de recherche au CEZA (Allemagne) pour sa thèse intitulée « Développement des mesures isotopiques du plomb, du fer et du cuivre par voie humide et in situ pour la provenance de l’or ancien : application à des monnaies islamiques », réalisée aux laboratoires TRACES et GET, soutenue en mai 2024.
- Luigi Storto, docteur en cinéma, photographe indépendant, pour un travail de thèse mené dans le laboratoire LARA-SEPPIA. Intitulé « Réalisme, réalité et hybridation dans le documentaire contemporain. Entre postmodernité et hypermodernité », il a été soutenu en février 2024.
Quelques questions pour mieux comprendre leurs travaux
Quels objectifs revêt votre travail de thèse soutenu en mai 2024 ?
Louise de Palaminy : Ma thèse vise à mieux comprendre l’approvisionnement en or utilisé pour la frappe des dinars islamiques au Maghreb médiéval, en développant de nouvelles approches analytiques en géochimie isotopique. L’absence de vestiges archéologiques de mines d’or anciennes en Afrique de l’Ouest conduit à interroger directement ces monnaies d’or. En combinant les isotopes du plomb, du fer et du cuivre avec des analyses multi-élémentaires, il s’est agi d’évaluer la capacité de ces signatures chimiques à tester l’hypothèse d’un approvisionnement issu de gisements ouest-africains. Les isotopes du plomb permettent d’estimer un âge géologique de la minéralisation, tandis que ceux du fer et du cuivre renseignent sur le type de gisement. Les résultats de l'étude du trésor monétaire de Césarée apportent de nouveaux éléments pour réfléchir à la chaîne opératoire de l’or et aux échanges transsahariens médiévaux, sans prétendre clore le débat. De plus, ce travail a conduit au développement de protocoles de géochimie isotopique, notamment par ablation laser, afin de relever le défi de l’analyse non destructive d’objets patrimoniaux précieux.
Un mot sur son caractère interdisciplinaire ?
Louise de Palaminy : Ma discipline, l’archéométrie, est par définition interdisciplinaire : c’est une science multiple qui vise à analyser les matériaux du patrimoine. Ma thèse est, elle, à la croisée de l’archéométrallurgie et de la géochimie isotopique : j’étudie les métaux anciens, leur provenance et leur circulation grâce à des techniques analytiques issues des sciences de la Terre. J’avais donc affaire à des problématiques tout autant archéologiques et historiques qu’analytiques, et qui sont intrinsèquement liées et surtout interdépendantes. C’était la raison pour laquelle j’ai réalisé ma thèse entre deux laboratoires toulousains : TRACES (laboratoire d’archéologie) et le GET (Géoscience Environnement Toulouse) et à l’école doctorale SDU2E (Sciences de l’Univers de l’Environnement et de l’Espace). Cette thèse a été menée en étroite collaboration avec de nombreux chercheurs et chercheuses issu.es de nombreuses disciplines des SHS et des sciences analytiques : numismatique, archéologie minière, histoire et archéologie de l’Afrique, géochimie isotopique, spectrométrie de masse, métallurgie etc.Quelles perspectives vous ouvre-il ?
Louise de Palaminy : Comme souvent en recherche, cette thèse a posé presque plus de questions qu’elle n’a apporté de réponses définitives ! Certaines signatures chimiques, notamment des isotopes du plomb et du cuivre soulèvent de nombreuses hypothèses et interrogent encore la provenance de l’or, la nature des minerais exploités mais aussi la nature de la production des monnaies. Ces points demanderaient d’être approfondis pour mieux comprendre les dynamiques en jeu. Ce travail, exploratoire, ouvre donc plusieurs perspectives : affiner la compréhension de la chaîne opératoire de l’or à cette période et sa relation avec la signature chimique, élargir l’étude à un corpus de monnaies plus large mais aussi à des échantillons d’or provenant d’Afrique de l’Ouest, et poursuivre le développement des analyses non destructives par ablation laser qui se sont révélés encourageants et méritent d’être consolidés.-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Quels sont les objectifs de votre travail de thèse soutenu en février 2024 ?
Luigi Storto : Le choix d’aborder les formes filmiques dites hybrides vise à la confrontation avec une étape socio-culturelle où l’hypermédiatisation nous rend de plus en plus exposés aux glissements sémantiques dont les images constituent aujourd’hui des preuves tangibles des métamorphoses marquant la contemporanéité, un phénomène qui ne peut pas se réduire à la dimension du simple entertainment. À travers cette recherche je voulais interroger les nouveaux pactes de négociation sociale à l’ère où la saturation visuelle nous impose une quête attentive à l’égard du rôle des images dans la redéfinition du « vrai » et du « faux ». Le documentaire qui abandonne son statut indiciel en assumant la posture, les modalités expressives et parfois productives du cinéma dominant est un symptôme clair des mutations survenues entre les deux millénaires, à la lumière d’un contexte médiatique dont le taux de fictivisation demande une sorte de « conscientisation », à la fois de la part des producteurs et des consommateurs d’images.
Quelle en est l'originalité ?
Luigi Storto : Cette thèse est née du constat que jusqu’à présent la théorie audiovisuelle n’a pas envisagé une filiation postmoderne à proprement parler de la forme documentaire, contrairement aux ouvrages qui abordent ce sujet par rapport aux formes cinématographiques dominantes. Pourtant, l’un des premiers enjeux méthodologiques n’aurait pas pu négliger le cadre socio-culturel contemporain. Là où le postmoderne posait faits et fictions sur le même plan, une esthétique ayant l’ambition d’interroger la réalité socio-culturelle contemporaine devrait redécouvrir le poids de la substance factuelle sur la fiction, tout en étant cette dernière incontournable afin d’universaliser (comme dans la littérature nonfictional) des contenus qui autrement ne constitueraient que des froides données d’actualité. Ainsi, les relations des univers factuels et fictionnels ont requis également une confrontation à la phase historique contemporaine, à divers titre qualifiée d’« hypermoderne ». L’hybridation des langages documentaires contemporains naît de la stratification des apports, de la pluralité des instances qui ont marqué le passage du vingtième au vingt et unième siècle, à travers les formes parfois imprévisibles que la réalité a assumé entre les deux millénaires. Sur cette base, la thèse a interrogé un corpus non limité à la théorie audiovisuelle, en essayant de faire dialoguer la philosophie et les sciences sociales avec la sémiologie, l’esthétique des médias et clairement du cinéma.Que représente ce prix pour vous ?
Luigi Storto : Tout d’abord, une immense satisfaction et la fierté de voir récompensé un travail qui a demandé du temps et des efforts, précisément parce qu’une recherche de ce type a imposé un dialogue assez serré entre des domaines différents. De plus, je n’espérais pas du tout qu’une thèse en cinéma puisse prétendre à un prix récompensant des recherches en sciences humaines et sociales, ce qui confirme l’urgence d’interroger les enjeux socio-culturels contemporains au prisme de disciplines différentes, de façon empirique et, si je peux me permettre de le dire, « hybride ».-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le Prix de thèse 2025 sera décerné par la MSHS-T à Louise de Palaminy et Luigi Storto lors d'une cérémonie suivie d'une table ronde interdisciplinarité, le 24 février 2026, à 14h, à la Maison de la recherche de l'UT2J (Salle F422-423).
Plus d'infos.