TERR-ORGA : La transition agri-alimentaire à la croisée des territoires et des organisations

Publié le 23 janvier 2026 Mis à jour le 26 janvier 2026

Le laboratoire LISST est porteur de ce projet associant la géographie aux sciences de gestion

Les différentes crises actuelles imposent de réfléchir à des modalités nouvelles et alternatives de faire société et de répondre aux enjeux économiques, sociaux, environnementaux et politiques contemporains. Or le secteur agricole se situe tout particulièrement à la croisée de ces enjeux, du fait de son caractère multifonctionnel (sécurité sanitaire et alimentaire, accessibilité et durabilité des ressources alimentaires, qualité des produits, protection des ressources et de l’environnement, gestion et partage des espaces ruraux...).

TERR-ORGA vise à mieux comprendre certaines de ses dynamiques collectives et territoriales récentes. 
Un projet, 4 partenaires, 2 thèses
Depuis novembre 2023 et jusqu'à mars 2027, grâce aux 295 000 € de crédits FEDER mobilisés via la Région Occitanie, le projet TERR-ORGA associe 4 enseignants-chercheurs relevant de 4 établissements - Michaël Pouzenc (Université Toulouse - Jean Jaurès, laboratoire LISST), Julien Frayssignes (Ecole d’Ingénieurs de Purpan, laboratoire LISST), Pascale Château-Terrisse (INP AgroToulouse, laboratoire AGIR) et Charlène Arnaud (Université de Toulouse – IUT de Castres, LGTO), pour le co-encadrement de deux thèses de doctorat. 

La thèse de Séléna Seynhaeve, en géographie, traite de territoires agri-alimentaires en transition, en analysant précisément trois trajectoires de développement rural en région Occitanie. Elle vise à questionner les transitions agri-alimentaires en tant que causes ou opportunités de réorientation des trajectoires de territoires fortement agricoles, certains ayant largement adossé leur développement à celui de produits alimentaires d’« excellence », d’autres se saisissant plus récemment de dynamiques de transition alimentaire davantage fondées sur des produits du quotidien et un « retour au local ». 

La thèse de Manon Rodhain quant à elle, dans le domaine des sciences de gestion, porte sur les pratiques autogestionnaires et leurs effets sur la gouvernance et le travail dans les SCIC du secteur agri-alimentaire. Elle vise à analyser les modalités de transformation des pratiques de gouvernance et de gestion des SCIC du secteur agri-alimentaire ainsi que les conditions et mécanismes permettant une transition multidimensionnelle du secteur à partir de ces acteurs coopératifs potentiellement disruptifs. 

Pour ces recherches, TERR-ORGA s’appuie sur des méthodes de recueil et d’analyse de données qualitatives (entretiens, observation, immersion) afin de révéler les modalités concrètes de la transition (relocalisation alimentaire, circuits-courts, pratiques agroécologiques, transition énergétique, etc.) et de mettre en évidence les pratiques de pilotage et de gouvernance soutenant ces transitions (pratiques organisationnelles et extra-organisationnelles). 
L’interdisciplinarité pour et avec la Société 
Fondé sur le diptyque territoire-organisation, l’« effet miroir » entre les deux thèses est susceptible de révéler un certain nombre de questionnements transversaux. D’une part, les deux recherches interrogent le caractère alternatif des dynamiques de transition et leur positionnement vis-à-vis d’un modèle agricole conventionnel dominant. D’autre part, à l’aune du décloisonnement des activités agricoles et de leur intégration dans des projets territorialisés, ce sont les dynamiques de développement qui seront ici questionnées. 

TERR-ORGA vise ainsi à renforcer une interdisciplinarité féconde au sein des sciences humaines et sociales entre géographie et sciences de gestion. Les apports croisés entre ces deux domaines permettent de penser les transitions territoriales dans une approche dynamique et de dévoiler les rapports de pouvoir, les enjeux de gouvernance, les tensions à travers des allers et retours entre les différents niveaux d’analyse (individuels, organisationnels et territoriaux). 

Dans le même temps, TERR-ORGA entend favoriser l’émergence de solutions locales permettant aux acteurs et actrices des écosystèmes agri-alimentaires de s’inscrire dans des projets concertés et des gouvernances partagées de territoire sur des volets alimentaires, énergétiques, fonciers et de valorisation du patrimoine régional. Les enjeux d’attractivité et de transition sont placés au cœur de la démarche, qu’il s’agisse des territoires comme des secteurs agricoles et agroalimentaires. 






Rédaction :
Elodie Herrero, Michael Pouzenc

Crédits photo :
Séléna Seynhaeve, Manon Rodhain