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Elles nous inspirent : Lilith Royer
À l’occasion de la journée du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, l’UT2J met à l’honneur celles qui, par leur engagement et leur parcours, font vivre et grandir notre université. Tout au long du mois de mars, découvrez les portraits de trois femmes dont les engagements sont une source d’inspiration pour toute notre communauté universitaire.
Premier portrait de la série : Lilith Royer, étudiante en première année de Master 1 de Psychologie de la santé. Elle nous parle de son engagement personnel au sein du festival Universcènes, dont elle est présidente.
Présentez-vous et présentez-nous le projet qui vous tient à cœur…
Je suis Lilith Royer, une étudiante en première année de Master 1 de Psychologie de la santé et je suis présidente du festival Universcènes, un festival de théâtre universitaire en langues étrangères, depuis 2024. Le festival Universcènes propose depuis 2007 des textes de la dramaturgie contemporaine, en langue originale, portés sur scène par 7 compagnies étudiantes en anglais, espagnol, italien, allemand, portugais, arabe et Langue des Signes Française. Tous les spectacles sont gratuits et surtitrés en français, soit des sous-titres projetés au-dessus de la scène. Les comédien·nes, les traducteur·rices, les sur-titreur·ses des spectacles et les chargées de communication sont des étudiant·es de l’Université Toulouse - Jean Jaurès encadré·es par des professionnels de la scène. Nous présentons cette année notre 19e édition entre le 9 et le 27 mars 2026. Je participe au festival depuis 2016, en tant qu’actrice, puis en tant en qu’assistante à la mise en scène, puis secrétaire adjointe et enfin présente : je suis passée par presque tous les rôles en une décennie !
Qu’est-ce qui vous motive, vous porte dans votre projet ?
Je suis portée par tellement de choses dans le projet Universcènes que je vais faire le choix de n'en discuter qu'une seule. Étant un festival en langues étrangères, l'opportunité d’aider à la logistique, le financement et la mise en place de projets présentant des thématiques importantes de maintes cultures est formidable et incroyablement motivant. De l’exploration des traumatismes que le franquisme a laissé sur l'Espagne aux passés et futurs partagés entre l'Allemagne et la République Tchèque en passant par les violences contre le peuple palestinien, je suis fière de chaque jour pouvoir contribuer ma pierre à l'édifice de la transmission et la présentation de textes au message aussi importante auprès du grand public étudiant.
Être une femme a-t-il joué un rôle dans votre projet ? Si oui, lequel ?
Le théâtre est un monde artistique qui a toujours été investi par les femmes mais où cet investissement inestimable n’a pas toujours été apprécié à sa juste valeur par les hommes qui ont pendant longtemps dirigé les moyens de la production. J'ai moi-même vu des traitements préférentiels pour les comédiens par rapport aux comédiennes, où nous étions traitées de façon plus stricte. Cependant, j'ai vu aussi de nombreuses femmes prendre confiance en elles et réussir à s'exprimer et à défier les attentes grâce à la pratique du théâtre, dont je fais bien heureusement partie. Mon tout premier spectacle en tant qu'actrice, « Patriarchy », était présenté en l'honneur de la Journée de la Femme pour représenter les différentes violences du patriarcat et je suis reconnaissante d'avoir été sur scène pour présenter cela. Nous sommes fières d’avoir eu depuis plus d’une décennie toujours été un festival présidé et dirigé par des femmes fières et respectées et je suis personnellement fière de ne pas déroger à la règle. Ainsi, en effet, être femme a été un défi mais grandement important et une source de fierté dans mon projet.
Quel conseil ou message aimeriez-vous partager auprès de la communauté universitaire ?
J’invite la communauté universitaire de donner une chance au théâtre, que ce soit pour regarder le théâtre en action ou pour elleux même de monter sur la scène. Je rencontre depuis aujourd’hui 10 ans bien des étudiant·es qui n’avaient auparavant jamais été au théâtre et il y a des raisons parfaitement compréhensibles à cela : le prix peut être un facteur rédhibitoire et l’accès aux représentations est à la fois limité dans l’espace et dans le temps. Je n’ai moi-même eu l’opportunité de monter sur scène qu’une fois avoir quitté mon île natale. Cependant, le festival Universcènes permet à Toulouse de venir voir des pièces de théâtre gratuitement sur le campus à la Fabrique ainsi qu’en ville au Centre Culturel des Mazades et à la MAC Chapou, chaque spectacle étant présenté au moins 2 fois lors du festival. Durant toutes ces années, j’ai également vu des personnes qui voulaient se présenter aux autres, au monde à travers le théâtre mais étaient terrifié·es de ne pas pouvoir arriver à le faire le jour J, et je les ai vu s’épanouir comme jamais devant le public : toute la communauté théâtrale vous tendra la main pour vous aider à monter fièrement sur les planches.
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