L’écriture des « modestes ». Formes et enjeux de la modestie féminine en Italie, du XVIIIe siècle à la contestation de 1968.

Publié le 3 juillet 2026 Mis à jour le 3 juillet 2026
Présentation  Programme Inscriptions Comités 

Organisé par le laboratoire Il Liboratorio, du 03 au 04 juin 2027

Présentation 

Ce colloque international propose d’envisager l’écriture de la modestie, en prose et en vers, des femmes de lettres italiennes entre XVIIIe et XXe s. La modestie s’est imposée aux femmes de lettres italiennes par un code éducatif remontant aux XVIe-XVIIe s., se faisant norme socio-culturelle intériorisée, intellectuellement et physiquement, puisque l’exigence de cette « qualité » trouve sa filiation socioculturelle dans une considération genrée du corps et de l’esprit des femmes. Cet évènement scientifique sera l’occasion de s’intéresser aux formes et enjeux littéraires de la « modestie » des femmes, c’est-à-dire à ses représentations par et dans leur écriture ainsi qu’à son incidence sur les genres littéraires choisis par elles. La modestie sera envisagée non seulement comme le fruit d’une filiation intellectuelle et corporelle imposée par un code socio-culturel, mais aussi comme leitmotiv littéraire, que les femmes de lettres s’en défendent ou qu’elles la revendiquent, parfois stratégiquement. Il s’agira ainsi d’étudier les formes et enjeux dans cette écriture, de la norme sociale et éducative qu’est la modestie depuis l’Ancien Régime, jusqu’à son évolution aux années contestataires de 1968.

On pourra envisager la filiation, la circulation et l’héritage socio-culturels des codes de la modestie entre Italie et France, de l’Ancien Régime aux évènements de 1968 (rôles des salons et des réseaux littéraires transalpins, influence réciproque France-Italie, différences France-Italie, incidence des moralistes français et italiens). Cette réflexion s’inscrit dans le cadre du projet scientifique du Laboratorio pour le quinquennal 2026-2030, à savoir « France-Italie : filiation : corps et corpus ». S’intéresser à la mesure du lien entre les injonctions à la modestie corporelle, physique et morale, et l’écriture, elle-même reflet de la mentalité des femmes de lettres italiennes dans un tel contexte d’injonctions à la modestie, s’insère pleinement dans les thématiques envisagées par l’Axe 2 du Laboratorio (responsables : Cécile Berger, Fabien Coletti, Francesca Chiara Guglielmino) intitulé « Filiations corporelles : corps social, corps genré ». En particulier, le thème de la modestie renvoie aux questions autour de « la représentation sociale, à une vision normative ou idéalisée du corps » de l’Axe 2, et plus précisément celui du «corps féminin ».

Terme employé dès la moitié du XVIe siècle français mais aussi italien (Castiglione, Libro del cortegiano) en référence à la retenue, à la pudeur et à la décence, bridage imposé à l’attitude féminine dans son ensemble, qu’elle soit spirituelle, sociale ou même corporelle, la modestie renvoie à un processus d’invisibilisation d’autant plus marquant qu’une « modeste » devait bien se garder d’écrire (N. Restif de la Bretonne, La paysanne pervertie, 1784). Conformément à l’Axe 2, « cette étude de la filiation physique ou symbolique permet[tra] de mettre en relief les vides, les absences, les tabous », en s’intéressant à l’écriture de la modestie, à ses formes et enjeux littéraires et socio-culturels, dans une République des Lettres dont l’historiographie reste dominée par les hommes en Italie et en France.

Par sa perspective franco-italienne ainsi que par la pluralité d’angles d’approches entre XVIIIème et XXème siècle, cette manifestation convoquera des spécialistes de plusieurs pays (France, Italie, Canada, Suisse) autour de cette thématique inédite dans le domaine des lettres italiennes et françaises. Par conséquent, cette manifestation prendrait la forme d’un colloque international de deux journées.

Programme

Télécharger [lien à venir]
 

Inscriptions 

S'inscrire au colloque [lien à venir]

 

Comités  

Comité d’organisation :
Cécile Berger, MC HDR, Université Toulouse Jean Jaurès
Laura Draux, Doctorante, Université Toulouse Jean Jaurès
Giulia Scialpi, Docteure, qualifiée 14e section, Université Paris Nanterre

Comité scientifique :
Cécile Berger (MC HDR, Université Toulouse Jean Jaurès)
Laura Draux (Doctorante, Université Toulouse Jean Jaurès)
Giulia Scialpi (Docteure, qualifiée 14e section, Université Paris Nanterre)
Anna Bellavitis (PR, Université de Rouen Normandie)
Éliane Viennot (PR. Emérite, Université Jean Monnet, Saint-Étienne)