L’écriture des « modestes ». Formes et enjeux de la modestie féminine en Italie, du XVIIIe siècle à la contestation de 1968.

Publié le 3 juillet 2026 – Mis à jour le 29 octobre 2026
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Organisé par Il Laboratorio, du 03 au 04 juin 2027

Présentation 

En 1784, l’écrivain français Restif de la Bretonne déclare : « […] Une femme autrice ! Mais c’est le comble du délire ! […] Une femme autrice sort des bornes de la modestie prescrite à son sexe. […] ». Prendre la plume serait donc l’offense suprême faite à la bienséance féminine : la femme qui écrit enfreint la « modestie » qui lui est prescrite et risque de passer, par l’écriture, dans la « classe des prostituées » (N. Restif de la Bretonne, La Paysanne pervertie, p. 143). Un peu plus d’un siècle plus tard, où en est cette rhétorique lorsque Sibilla Aleramo est qualifiée de « prostituée intellectuelle » par son entourage intellectuel au début du XXe siècle ?

La modestie, terme employé dès le milieu du XVIe siècle, en français comme en italien (Baldassare Castiglione, Il libro del Cortegiano), désigne la retenue, la pudeur et la décence exigées des femmes dans leur attitude tout entière, spirituelle, sociale ou corporelle. Cette injonction les invisibilise d’autant plus qu’une « modeste » devait se garder d’écrire, comme l’affirme Restif de la Bretonne. Elle n’en instille pas moins ses codes genrés au cœur de l’écriture des femmes.

Ce colloque international envisage l’écriture de la modestie, en prose et en vers, des femmes de lettres italiennes de l’Ancien Régime jusqu’aux années contestataires de 1968. Imposée par l’éducation, la modestie se fait norme socio-culturelle intériorisée, puisque cette « qualité » repose sur une considération genrée du corps et de l’esprit des femmes. On s’intéressera aux formes et enjeux littéraires de cette « modestie », c’est-à-dire à ses représentations dans l’écriture des femmes et à son incidence sur les genres littéraires qu’elles ont choisis. Elle sera envisagée à la fois comme une norme imposée et comme un leitmotiv littéraire, que les femmes de lettres s’en défendent ou la revendiquent, parfois stratégiquement.

On s’interrogera sur la filiation, la circulation et l’héritage des codes de la modestie entre Italie et France (rôle des salons et des réseaux littéraires transalpins, influences réciproques, différences entre les deux pays, incidence des moralistes français et italiens). Ce colloque s’inscrit dans le projet scientifique de l’équipe Il Laboratorio pour le quadriennal 2026-2030, « France-Italie : filiation, corps et corpus ». Le lien entre injonctions à la modestie physique et morale et écriture, reflet de la mentalité des femmes de lettres italiennes, relève en particulier de l’axe 2, « Filiations corporelles : corps social, corps genré » : la modestie renvoie à « la représentation sociale, à une vision normative ou idéalisée du corps », en particulier du « corps féminin ».

On analysera l’écriture de la modestie à travers ses fondements socio-culturels, les classes sociales dont sont issues les femmes écrivantes, les formes et genres littéraires choisis, ses enjeux politiques, ou encore son rapport à l’approbation des figures d’auctoritas masculines.

Par sa perspective franco-italienne et la pluralité de ses approches, cette manifestation réunit des spécialistes de plusieurs pays (France, Italie, Allemagne, Suisse) autour d’une thématique peu explorée dans le domaine des lettres italiennes et françaises.

Contacts

Colloque : colloquelesmodestes@gmail.com
Cécile Berger : cecile.berger@univ-tlse2.fr
Laura Draux : laura.draux@univ-tlse2.fr
Giulia Scialpi : giulia.scialpi@univ-tlse2.fr

 

Programme

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Inscriptions 

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Comités  

Comité d’organisation :
Cécile Berger, MC HDR, Université Toulouse Jean Jaurès
Laura Draux, Doctorante, Université Toulouse Jean Jaurès
Giulia Scialpi, Docteure, qualifiée 14e section, Université Paris Nanterre

Comité scientifique :
Anna Bellavitis (PR, Université de Rouen Normandie)
Cécile Berger (MC HDR, Université Toulouse Jean Jaurès)
Laura Draux (Doctorante, Université Toulouse Jean Jaurès)
Giulia Scialpi (Docteure, qualifiée 14e section, Université Paris Nanterre)
Éliane Viennot (PR, Emérite, Université Jean Monnet, Saint-Étienne)