Elles nous inspirent : Jacinthe Bessière-Hilaire

Publié le 23 mars 2026 Mis à jour le 23 mars 2026

À l’occasion de la journée du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, l’UT2J met à l’honneur celles qui, par leur engagement et leur parcours, font vivre et grandir notre université. Tout au long du mois de mars, découvrez les portraits de trois femmes dont les engagements sont une source d’inspiration pour toute notre communauté universitaire.

Troisième portrait de la série : Jacinthe Bessière-Hilaire, professeure des universités en sociologie à l’UT2J, chargée des études à l’ISTHIA et responsable du Master 2 Tourisme et développement (campus de Foix). Elle nous parle de son investissement dans le développement de sa commune du nord est toulousain et dans le Conseil Scientifique (CS) du Parc Naturel Régional (PNR) de l’Aubrac.

Présentez-vous et présentez-nous le projet qui vous tient à cœur…

J’ai 54 ans et 3 enfants, étudiants et lycéen. Je suis professeure des universités en sociologie à l’UT2J, chargée des études à l’ISTHIA et responsable du Master 2 Tourisme et développement (campus de Foix). Mes activités de recherche se développent au sein de UTOPI (Unité de recherches Transitions Organisations Politiques Inégalités), dans le pôle SANTAL (Santé et Alimentation) autour de plusieurs thématiques clés : Alimentation, Tourisme, Développement, Patrimoine alimentaire, Développement rural, relations urbain / rural, Travail patrimonial. Mes travaux sont à la croisée de la sociologie du tourisme, de la sociologie de l’alimentation et de la sociologie du développement. Ils s’attachent, à travers l’étude des patrimoines alimentaires, à comprendre les processus et les mécanismes de développement en espace rural. Ils cherchent notamment à comprendre le processus de patrimonialisation, analysé comme un construit social à la croisée des problématiques du tourisme et de l’alimentation.

D’un point de vue plus personnel, j’habite dans une petite commune périurbaine de 430 habitants dans le nord est toulousain où je suis candidate sur une liste électorale de 13 conseillers. Je participe ainsi à une démarche collective visant à réfléchir aux orientations de développement communal, dans une perspective de responsabilité publique et d’action de proximité.

Attachée à mes racines aveyronnaises, je suis également investie dans le Conseil Scientifique (CS) du Parc Naturel Régional (PNR). Là, je prends part aux travaux de réflexion relatifs aux enjeux environnementaux, patrimoniaux et socio-économiques de ce territoire de moyenne montagne, aujourd’hui très attractif, notamment à travers ses dynamiques touristiques, agricoles et agro-alimentaires.


Qu’est-ce qui vous motive, vous porte dans votre projet ?

Ce double engagement s’inscrit d’une manière générale dans une volonté de contribuer activement aux dynamiques territoriales et aux processus de décision à l’échelle locale. Il traduit mon attachement à la proximité, au tissu social local et aux dynamiques portées par celles et ceux qui façonnent et animent les territoires. Il témoigne également d’un intérêt pour les articulations entre gouvernance locale, développement durable et valorisation des ressources territoriales, notamment agricole et alimentaires, ainsi que d’une volonté de mettre l’expertise au service de l’action collective. Il constitue également un espace d’articulation privilégié entre l’université et le territoire, en me permettant de créer des passerelles concrètes entre mes domaines de recherche, le monde étudiant et les réalités opérationnelles du terrain. Les problématiques rencontrées dans ces cadres — en matière de tourisme, de développement local, de valorisation patrimoniale — nourrissent directement mes enseignements, études de cas, terrains d’application, proposés aux étudiants. Inversement, les apports théoriques et méthodologiques issus de la recherche trouvent là des possibilités d’application immédiate. Cette dynamique d’enrichissement mutuel favorise une pédagogie ancrée dans le réel, fondée sur l’étude de cas concrets et sur la mise en pratique des savoirs.


Être une femme a-t-il joué un rôle dans votre projet ? Si oui, lequel ?

Être une femme n’a pas déterminé mon projet, mais cela influence nécessairement mon expérience de l’engagement. Dans les espaces de décision locale comme dans certaines instances scientifiques, la question de la représentation demeure centrale. La parité, désormais requise sur les listes électorales, rappelle l’enjeu d’une participation équilibrée aux responsabilités publiques. Cette dimension renforce ma conviction que la diversité des parcours, des groupes sociaux d’appartenance et des regards contribue à enrichir la réflexion collective et la qualité des décisions.


Quel conseil ou message aimeriez-vous partager auprès de la communauté universitaire ?

J’aimerais encourager la communauté universitaire à cultiver les passerelles entre savoirs et action, entre réflexion théorique et engagement concret et ce, tant au service de la communauté étudiante que scientifique. L’université est un espace privilégié de production de connaissances, mais elle est aussi un lieu d’expérimentation, de dialogue et d’ouverture sur la société. Oser s’engager, confronter ses travaux au terrain, accepter la complexité des réalités sociales et territoriales : ce sont, selon moi, des démarches qui renforcent à la fois la pertinence scientifique et la responsabilité citoyenne.

Les autres portraits de femmes
Premier portrait consacré à : Lilith Royer, étudiante en première année de Master 1 de Psychologie de la santé.
Deuxième portrait consacré à : Bettie Barroso, gestionnaire administrative et financière au sein de l'UFR Lettres, Philosophie, Musique, Arts, Spectacles, Communication.